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vendredi 30 janvier 2009

Entreprises

Les cent plus grosses entreprises des pays émergents


Dans la troisième édition de l’étude de BCG sur les plus grandes entreprises des pays émergents, dix neuf nouvelles sociétés font leur apparition dans un groupe toujours dominé par les pays du Bric et de plus en plus en concurrence avec les multinationales occidentales et japonaises.


Pour la troisième année, le cabinet international de consultants Boston Consulting Group (BCG) vient de publier son étude sur les cent premières entreprises des pays émergents. Cette nouvelle édition, «The 2009 BCG 100 New Global Challengers », indique que ces entreprises «transforment le paysage concurrentiel mondial par leur expansion rapide et leurs performances remarquables». Reste que la crise économique et financière mondiale a également eu un effet négatif sur leur développement: «si la plupart ont résisté aux pressions, 2008 s'est révélée difficile pour certains en matière de création de valeur et le resserrement du crédit pourrait constituer un obstacle à leur croissance jusque-là vertigineuse». Cependant, les experts de BCG, «si le mouvement est ralenti, il est néanmoins durable, en témoigne les 19 nouveaux challengers qui intègrent le classement et confirment leur capacité à croître rapidement et à acquérir des positions concurrentielles fortes à une échelle globale».

Pour BCG, trois raisons principales sont à l’origine de leur succès:

- Un avantage concurrentiel au départ : un accès privilégié aux marchés en forte croissance ou à de précieuses matières premières, la disponibilité d’une main d’œuvre à bas coût, et une absence de lourdeurs structurelles ou technologiques qui grèvent souvent la compétitivité des entreprises issues des marchés matures;

- l’ambition de devenir leaders mondiaux avec un goût du risque, un coût du capital perçu comme faible, et une bonne protection contre les OPA hostiles, en particulier pour les entreprises contrôlées par un Etat ou une famille;

- une stratégie de croissance exogène rapide, à travers des partenariats relatifs aux technologies ou à la distribution, ou par le biais de fusions-acquisitions internationales (les challengers 2009 du secteur des matières premières ont réalisé en moyenne 9,5 opérations de ce type par entreprise entre janvier 2000 et mi-2008) sans oublier le degré important d’internationalisation de leurs équipes de management, facteur clé de la réussite d’entreprises comme la chinoise Lenovo ou l’indienne Tata.

Voici les principales données fournies par le cabinet de consultant:

- ces 100 entreprises rattrapent rapidement ou ont même déjà dépassé leurs rivales aux Etats-Unis, en Europe ou au Japon;

- le chiffre d’affaires cumulé des 100 challengers s’élève à 150 milliards de dollars en 2007. Par ailleurs, les 100 challengers ont réalisé au total 88 fusions-acquisitions internationales en 2007;

- les pays d'origine de ces entreprises sont de plus en plus nombreux mais un classement toujours dominé par les pays du Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) ; la Chine est en tête, avec 36 entreprises, suivie par l’Inde (20 entreprises), le Brésil (14), le Mexique (7), et la Russie (6); parmi les 19 nouvelles entreprises de la liste, 5 sont issues des pays du Golfe persique, région entrante dans ce classement;

- il existe une réelle diversité en termes de répartition sectorielle: le secteur des matières premières et de la métallurgie est le mieux représenté avec 20 entreprises; la liste inclut également un nombre significatif de représentants de l’industrie agroalimentaire (13), et de constructeurs et équipementiers automobiles (10);

- au-delà de quelques entreprises mondialement connues, comme Lenovo (Chine) ou Tata (Inde), la liste contient aussi des noms moins célèbres, comme Agility (Koweït), l’un des 10 premiers prestataires de services logistiques au monde, ou Dalian Machine Tool Group, le plus important fabricant chinois de machines-outils.


Louis-Jean de Hesselin

© 2009 LesNouveauxMondes.org

jeudi 29 janvier 2009

Croissance

Le FMI revoit nettement à la baisse la croissance des pays du Bric


Devant l’approfondissement de la crise, le Fonds monétaire international ne pouvait pas, selon lui, ne pas revoir la croissance mondiale à la baisse qui ne sera pas plus que de 0,5% en 2009. Et le ralentissement de la croissance du Bric sera également beaucoup plus fort.


La Russie en récession, le Brésil avec une faible croissance, l’Inde et la Chine mieux lotie mais malgré tout à la peine, les économies des pays du Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) vont souffrir en 2009 selon les FMI (Fonds monétaire international). Obligée de revoir ses derniers chiffres qui ne dataient pourtant que de novembre dernier, l’organisation internationale dirigée par Dominique Strauss-Kahn n’y va pas de main morte devant la détérioration des fondamentaux économiques. Ainsi, elle prévoit une croissance mondiale en 2009 de 0,5% et de 3% en 2010.

En ce qui concerne les pays du Bric, la Chine devrait connaître une croissance de 6,7% en 2009 (bien loin des 8% affichés par le gouvernement de Pékin) et de 8% en 2010. De son côté, l’Inde devrait avoir une croissance de 5,1% en 2009 (bien loin des 7%-8% affichés par le gouvernement de New Delhi) et de 6,5% en 2010. Le Brésil verra, lui, sa croissance descendre à un taux d’à peine 1,8% en 2009 et de 3,5 en 2010. Mais le pays du Bric le plus mal loti est la Russie puisque le FMI prévoit pour 2009 une récession avec un recul de 0,7% de son PIB et une petite croissance de 1,3% en 2010.

Mais ces prévisions pourraient s’avérer encore… trop optimistes ! Ainsi, selon le FMI, «les risques de détérioration de la situation continuent de prédominer, l'ampleur et la portée de la crise financière actuelle ayant mené l'économie mondiale en terrain inconnu. Le risque principal est que si l'on ne s'attaque pas énergiquement à la montée des tensions financières et des incertitudes, les interactions pernicieuses entre l'activité réelle et les marchés financiers vont s'intensifier, et ainsi avoir des effets encore plus néfastes sur la croissance mondiale. En outre, les risques de déflation augmentent dans plusieurs pays avancés, alors que, dans les pays émergents, les entreprises pourraient souffrir gravement si leur accès au financement extérieur restait limité.» D’où la nécessité, selon l’organisation internationale, d’efforts encore plus importants dans tous les pays.

Reste que les pays émergents seront malgré tout capables de mieux résister à la crise que par le passé : «Plombée par la chute de la demande d’exportations et du financement des exportations, la baisse des cours des matières premières et un durcissement très prononcé des conditions de financement extérieur (surtout pour les pays qui affichent des déséquilibres extérieurs imposants), la croissance économique des pays émergents et en développement devrait accuser un net ralentissement et tomber à 3¼ % en 2009, contre 6¼ % en 2008. Du fait qu’ils sont aujourd’hui dotés de structures économiques plus solides, de nombreux pays émergents disposent d’une plus grande marge de manœuvre que par le passé pour soutenir la croissance, ce qui les aide à amortir les effets de ce choc extérieur sans précédent. En conséquence, ces pays vont certes subir un ralentissement prononcé de leur activité, mais selon les projections, leurs taux de croissance resteront égaux ou supérieurs aux taux observés lors des ralentissements précédents de l’économie mondiale.»


Alexandre Vatimbella

© 2009 LesNouveauxMondes.org

mercredi 28 janvier 2009

Affaires

Les risques dans les pays émergents augmentent


Selon l’agence de notation Euler Hermes, la crise économique et financière mondiale va fortement frapper les pays émergents avec des baisses importantes de leurs croissances.


En dévoilant la nouvelle étude des risques par pays, David Atkinson, spécialiste du secteur chez Euler Hermes, a affirmé que « la crise économique actuelle frappe tous les pays sans exception, mais si certains sont mieux armés pour y faire face, un grand nombre voient leur situation se dégrader rapidement. Il est indispensable pour leurs partenaires et les exportateurs de surveiller de près ces pays, les réformes qui y seront menées et leur évolution.»

Pour l’étude d’Euler Hermes, «dans un contexte récessif, le risque pays prend une nouvelle dimension. Les pays émergents souffrent du tarissement des sources de financement externes, de la récession des grandes puissances économiques et de la chute des prix des matières premières. Les problèmes de liquidité des banques, la volatilité des taux de change et le rapatriement des capitaux étrangers exacerbent leurs difficultés. La fragilité de ces économies, atténuée en période de croissance, réapparaît. Certains pays, hier tout à fait sûrs, présentent aujourd’hui des risques pour les entreprises qui commercent avec eux. »

Euler Hermes, qui prévoit pour 2009 une croissance mondiale inférieure à 1%, estime que les économies des pays émergents souffriront durement «d’une crise économique mondiale qui ne correspond pas à un cycle économique normal.» Ces pays devront faire face à de multiples problèmes dont le rapatriement massif des investissements étrangers, la baisse des exportations et la baisse du prix des matières premières pour ceux qui en produisent avec, comme conséquence «d’importants ralentissements de la croissance des pays émergents». D’où de plus en plus de pays émergents à risque.

Ainsi, Euler Hermes a dégradé les notes de onze de pays depuis l’intensification de la crise économique et identifié un groupe de pays plus vulnérables avec des notes C (la Hongrie, la Roumanie, la Russie, la Turquie, la Lituanie, la Bulgarie, la Lettonie, le Kazakhstan, l’Indonésie, la République Dominicaine, le Honduras, la Jamaïque) et D (l’Islande, l’Ukraine, la Serbie, la Bosnie Herzégovine, le Vietnam, l’Argentine, le Venezuela, l’Equateur, le Kenya, le Liban et le Pakistan). A l’inverse, certains pays disposent de ressources et de structures qui leur offrent une relative protection contre la crise mondiale. ce sont Singapour (noté AA), le Chili (A), la République Tchèque (A), Hong Kong (A), la Malaisie (A), la Slovénie (A), Taiwan (A), Bahreïn (BB), le Botswana (BB), le Brésil (BB), Israël (BB), la Corée du Sud (BB), le Koweït (BB), le Mexique (BB), Oman (BB), la Pologne (BB), la Qatar (BB), l’Arabie Saoudite (BB), la Slovaquie (BB), l’Afrique du Sud (BB), la Thaïlande (BB) et la Tunisie (BB).


Alexis Levé

© 2009 LesNouveauxMondes.org

Pays émergents./ % de croissance du PNB


2003-2006 *

2007

2008**

2009**

Pays émergents d’Europe

6,8%

7%

5,4%

2%

Russie

7,1%

8,1%

6,1%

1,5%

Turquie

7,5%

5,2%

2,3%

1%

Pays émergents d’Asie

8,4%

9,2%

7,1%

5%

Chine

10,5%

11,9%

9,2%

7%

Inde

8,7%

9%

7%

5%

Amérique Latine

4,6%

5,5%

4,6%

1,9%

Brésil

3,4%

5,1%

5,5%

2,3%

Mexique

3,3%

3,3%

2%

0%

Moyen Orient et Afrique

5,8%

5,7%

5,9%

4,6%

*Moyenne annuelle

**Prévisions

(source : Euler Hermes)

mardi 27 janvier 2009

Internet

Les internautes chinois les plus nombreux du monde


Selon la dernière étude de ComScore, le nombre d’internautes a dépassé le milliard pour la première fois en décembre 2008 avec les Chinois en tête et les Brésiliens, Indiens et Russes dans les dix premiers.


Plus d’un milliard de personnes se sont connectées à internet au mois de décembre 2008 selon la dernière mesure d’audience réalisée par la société spécialisée ComScore. Et le nombre d’internautes chinois est le plus important avec presque 180 millions d’utilisateurs, soit 17,8% du total mondial.

Les pays du Bric (Brésil, Inde, Russie, Chine) sont particulièrement bien placés dans cette étude puisqu’outre la première place de la Chine, les trois autres membres de ce groupe se classent dans les dix premiers. L’Inde se classe à la 7° place, la Russie à la 8° et le Brésil à la 9° ce qui s’explique autant par le nombre de leur population que par l’important développement d’internet dans les pays du Bric.

En revanche, il faut noter que dans le classement des quinze sites les plus visités, les pays du Bric ne brillent pas par leur présence. Seuls les deux plus gros groupes de sites chinois, Tencent et Baidu, sont classés à la 13° et 14° place dans une liste où les sites américains - Google, Microsoft et Yahoo en tête - se taillent la part du lion.


Jean-Louis Pommery

©2009 LesNouveauxMondes.org


Top 15 de l’audience internet par pays

classement par nombre de visiteurs uniques*

décembre 2008

Age 15+, se connectant chez soi ou au travail

Source: comScore World Metrix

Pays

Total Visiteurs uniques

Part de l’audience mondiale

Monde

1.007.730.000

100,0%

1. Chine

179.710.000

17,8%

2. Etats-Unis

163.300.000

16,2%

3. Japon

59.993.000

6,0%

4. Allemagne

36.992.000

3,7%

5. Royaume Uni

36.664.000

3,6%

6. France

34.010.000

3,4%

7. Inde

32.099.000

3,2%

8. Russie

28.998.000

2,9%

9. Brésil

27.688.000

2,7%

10. Corée du Sud

27.254.000

2,7%

11. Canada

21.809.000

2,2%

12. Italie

20.780.000

2,1%

13. Espagne

17.893.000

1,8%

14. Mexique

12.486.000

1,2%

15. Pays Bas

11.812.000

1,2%

* Ne sont pas inclus les connections par téléphones portables et dans les cafés internet